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Pourquoi j'ai écrit
EXPLOSION AU GYMNASE

Des circonstances exceptionnelles :

Dans le courant de l’année 2014 j’ai longuement discuté avec un ami ancien commissaire de police judiciaire de Saint-Etienne. Parmi les éléments d’information qu’il m’a fournis j’ai été marqué par ce qu’il m’a révélé concernant ce qu’on a coutume d’appeler « la guerre des polices ». Dans le cadre de certaines enquêtes la Police Judiciaire avait de grandes difficultés, c’est le moins qu’on puisse dire, à mener à bien ses missions. La PJ a le devoir d’établir des hypothèses de culpabilités soutenues par un faisceau de preuves. Or parfois les intérêts de l’Etat coupent court aux investigations sous prétexte d’intérêts majeurs. J’avais commencé à concevoir une enquête de PJ conduite par mon commissaire Hervé Poitevin qui était confronté à un dramatique attentat. J’en étais arrivé à la page 71 de mon manuscrit sur mon ordinateur au début de janvier 2015. C’est alors que se sont produit les assassinats de Charlie, puis d’autres attentats horribles ont été perpétrés à Nice, au Bataclan, … Je me suis trouvé dans l’impossibilité d’écrire une ligne de plus. Mon récit imaginaire se confondait avec la réalité et ma « plume » devenait celle d’un journaliste soumis à la contingence de l’évènement et aux émotions qui en découlent. Je ne pouvais plus travailler comme un romancier avec le recul nécessaire ! 

J’ai alors commencé l’écriture d’une autre enquête parue dans « Sous le signe de la vengeance » et n’ai repris « Explosion au gymnase » que bien plus tard. Il s’est trouvé ainsi que les deux manuscrits ont été prêts en même temps et ainsi ont été édités tous les deux au printemps 2020.

Un roman à thème ? :

Aborder l’horreur de la situation d’un attentat islamiste n’est pas chose aisée tant il devient quasiment impossible de ne pas prendre parti. J’ai bien senti qu’avec une telle audace je me trouvais « au bord du politique » pour reprendre une expression du philosophe Jacques Rancière. J’ai alors sollicité et eu le soutien de quatre de mes anciens collègues de la fac. Nous avons passé plusieurs séances, soirées amicales autour d’un bon repas arrosé, à peser le pour du contre, à estimer comment rendre compte de la complexité des différents points de vue permettant d’éclairer de telles situations tout en conservant le fil d’une enquête judiciaire. Je les remercie encore du plus profond du cœur. Je me suis également inspiré, avec un échange de mails, du point de vue original et pacifique de Rachid Benzine qui est un islamologue, politologue et enseignant franco-marocain, en même temps romancier et dramaturge. Rachid Benzine est une des figures de proue de l'islam libéral francophone. Un de mes personnages porte plus ou moins sa parole.

J’habitais Saint-Etienne à l’époque. Près de chez moi un gymnase devait être réaménagé et reconstruit. C’est ce gymnase, débaptisé bien sûr, qui est la cible de l’attentat. 

Mes lecteurs reconnaitront ma volonté de dénoncer les méthodes et pensées de l’extrême-droite incarnée par la figure d’une journaliste.

Hervé Poitevin se trouve sommé de devoir abandonner ses investigations au profit de l’intérêt supérieur de l’état. Son opposition avec le responsable de la cellule antiterroriste montre sa pugnacité à vouloir néanmoins que le poseur de la bombe soit arrêté et jugé et pas seulement « neutralisé ». 

Par l’épilogue qui se joue dans la chambre du fils d’un émir à l’hôtel Sofitel de Lyon, j’ai voulu montrer la connivence qui existe parfois entre ceux qui financent les assassins et certains intérêts diplomatiques.

 

C’est un des romans dont je suis très fier et auquel je tiens particulièrement car j’ai la conviction d’avoir réussi l’alliance entre la structure, j’allais dire classique du polar de PJ et le décor dramatique et sensible d’un attentat avec les questions politiques qu’il soulève.

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