Chapitre I

 28 août 

—Alors, pa’, je peux la prendre comme tu me l’avais promis ?

—Chose promise, chose due. Mais sois prudent quand même, hein, mon fils ! répondit le père. C’est bien pour aller rendre visite à Rémi ? C’est bien ça ?

—Ouais, à Orgnac, comme je te l’ai dit, affirma sans sourciller le fils.

—Bon, très bien. Voilà les clés et les papiers. Tu as ton permis ?

—Ouais, ouais. Merci pa’, merci m’man ! Ace soir !

       Gaëtan Mounier sortit la voiture du garage de la maison familiale. Il était très fier. C’était la première fois que son père acceptait de lui prêter sa voiture. Il avait attendu patiemment depuis qu’il avait réussi le permis, il y avait déjà plus de trois mois. Son père, qui lui avait laissé prendre le volant pas mal de kilomètres à ses côtés, en conduite accompagnée, pouvait quand même lui faire confiance. 

       La mère s’était rapprochée de son mari.

—Je ne suis pas sûre qu’il aille à Orgnac, dit-elle.

—Moi non plus, tu sais, répondit son mari en souriant.

—Il va se balader avec Léa.

—Oui, je crois que c’est plutôt ça. Il a eu peur qu’on refuse s’il avait donné la véritable raison. Encore un peu timide notre fils, non ? Il a préféré nous parler de son copain.

       Rémi était vraiment le meilleur ami de Gaëtan. Ils avaient passé de nombreuses années ensemble dans les mêmes classes de collège, puis de lycée. La fac les avait séparés. Gaëtan était maintenant étudiant en médecine à Montpellier. Rémi, qui avait arrêté ses études, aidait son père dans l’élevage familial de chèvres et à la confection de petits fromages odorants. Mais il était surtout spéléologue amateur. Une passion qu’il tentait de communiquer à Gaëtan et plutôt avec succès. Gaëtan s’était en effet piqué au jeu, mais pas question encore pour lui de descendre seul comme le faisait son ami. Ses explorations personnelles, il les avait toutes réalisées en compagnie de Rémi.

       L’été 2011 avait été chaud, très chaud, violemment chaud. Une canicule comme même les vieux Ardéchoisne se souvenaient pas en avoir connu. Il n’y avait que sous terre qu’on pouvait trouver un peu de fraîcheur. Aussi Gaëtan profitait de toutes les occasions pour y retrouver son ami Rémi. Que fuyait-il le plus ? La chaleur de l’été ou l’atmosphère étouffante et monotone de la quincaillerie de ses parents ? Il trouvait tous les prétextes pour ne pas rester dans le magasin qui n’avait pas changé, aussi loin qu’il s’en souvenait. Les mêmes placards avec des tiroirs aux poignées métalliques arrondies, avec des étiquettes écrites à la plume ronde par sa grand-mère paternelle, fondatrice de la vénérable quincaillerie et dont l’encre violette était devenue presque rose au fil du temps. La poussière se voyait moins sur les étagères en bois, réalisées par son père, que sur celles en verre, plus récentes, qui permettaient d’exposer les appareils électriques. Chaque matin il fallait sortir sur le trottoir les présentoirs de bouées gonflables, de seaux et pelles de plage, de gilets de sauvetage, de lunettes et autres accessoires indispensables pour que les estivants puissent se déguiser en parfaits adeptes du farniente, ou accomplir la descente de l’Ardèche en canoë ou en kayak et, bien sûr, les rentrer le soir. Quelle routine fastidieuse à laquelle Gaëtan tentait d’échapper le plus souvent. Ces gadgets avaient même déclenché la guerre entre son père et la papeterie-presse de Saint-Martin d’Ardèche qui aurait voulu ne pas avoir de concurrence. Gaëtan n’aimait pas cette atmosphère qui rendait la chaleur suffocante de l’été encore plus lourde à supporter, d’autant qu’il avait goûté aux joies et plaisirs de la grande ville universitaire du Languedoc. Les grottes étaient son refuge d’été.

       Il faisait si beau en ce début d’après-midi de fin août. Il fit très attention en quittant la maison et surtout en arrivant sur la départementale 290 qui coupe le village de Saint-Martin d’Ardèche en deux, parallèlement au cours de la rivière. Il bifurqua pour franchir le pont enjambant l’Ardèche. Au carrefour, il jeta un coup d’œil rapide au Camping des Gorges et son cœur battit plus vite. Une fois le pont franchi, il ralentit et rétrograda en seconde. Les pignons de la boîte à vitesses craquèrent un peu. Il tourna lentement et prudemment à gauche sur la petite voie étroite qui rejoignait la rive de l’Ardèche, presque sous le pont, à hauteur de la petite retenue qui formait un rapide bien peu bouillonnant tant le débit était faible après les longues semaines estivales de sécheresse.

       En entendant le klaxon retentir, elle surgit brusquement de derrière un bosquet de saules blancs, la robe courte et légère,turquoise, avec un tee-shirt blanc sans manches et échancré. Gaëtan laissa le moteur tourner en sortant de la voiture. Il eut juste le temps d’ouvrir les bras pour la recevoir contre lui. Leurs bouches se soudèrent pendant de longues secondes. Elle venait de finir son travail au camping et l’avait attendu là, en paressant et en se faisant dorer au soleil. Léa Chalendard était étudiante en fac de Sciences à Nîmes. Chaque été, depuis trois ans, elle était employée à la piscine du Camping des Gorges, comme surveillante de baignade. Le départ des touristes à la fin août lui laissait plus de temps libre.

—Salut ! dit Léa d’un ton joyeux. Alors, ça y est, il te l’a prêtée ? Que lui as-tu donné comme motif ?

—Heu … j’ai dit que j’allais voir Rémi à l’Aven Orgnac, répondit Gaëtan en riant.

—T’es fou, t’aurais pu dire simplement que c’était pour une balade avec moi. Tes parents auraient bien accepté quand même ! Je suis convaincue que ton père t’aurait prêté la voiture sans que tu inventes ce rendez-vous avec Rémi.

—Tu crois vraiment ?

—J’en suis même sûre, il m’aime bien, non ? dit-elle en riant.

—Oh  ouais, c’est sûr, ma mère aussi, et c’est super. 

—Allez, embrasse-moi encore…, lui dit-elle en offrant ses lèvres.

       C’est à Laval-Saint-Roman que la petite mais puissante voiture tourna à droite pour emprunter une route qui montait en lacets très fermés. Elle n’était pas goudronnée et un nuage de poussière aurait pu permettre aux gens de la vallée de suivre leur progression. Gaëtan s’amusa à faire déraper l’arrière de la voiture en s’arrêtant à « Plaine de Maya » ce qui eut pour effet d’effrayer Léa. 

—Tu me refais pas ça, t’es fou ! 

—Ouais, ouais, complètementfou de toi ! répondit Gaëtan en éclatant de rire.

       Il descendit rapidement de la voiture et alla ouvrir la portière droite comme un gentleman. Il la saisit par la main et l’entraîna presque en courant sur les sentiers terreux en contrebas de la route. La dernière fois, ils avaient vu des chèvres dans cette zone de garrigue au sol calcaire pierreux, argileux et à la végétation rabougrie et épineuse. L’air chaud et sec de l’été portait les senteurs de la lavande sauvage, l’aspic. Quelques fleurs de cistes cotonneux pourpres, ou blancs, venaient d’éclore, comme si les plantes avaient perdu le sens des saisons et se croyaient encore au printemps. Mais ils se trouvèrent tout à coup face à un mur constitué de chênes kermès et de buis qui formaient une muraille impénétrable.

       Avaient-ils pris un mauvais chemin parmi la multitude de ceux que les chèvres avaient fini par dessiner dans cet endroit non boisé de la Plaine de Maya ? Aucune trouée dans la forêt n’était visible.

—Ben merde alors ! C’est pas là, dit Gaëtan désappointé. 

—Je crois que c’est plus bas, fit remarquer Léa haletante. 

—Alors descendons un peu, on trouvera bien le petit tunnel que nous avait indiqué Rémi la dernière fois.

—Descendre ? Mais par où ? Il n’y a pas de sentier le long du bois. Je suis en tongs et je ne vais pas pouvoir marcher. C’est trop piquant, t’as vu, on dirait des chardons nains.

—Ouais, il y a beaucoup de genévriers nains ici. Tu veux que je te porte ?

—T’es pas fou !

—Bon, je crois me souvenir qu’il y a une barre rocheuse un peu plus haut, tu sais, celle dont parlait Rémi, celle où il n’y a rien à voir, il disait. Alors on monte, tu vois, je passe devant, tu mets tes pieds dans mes pas, il n’y en a pas pour longtemps.

—Oui, j’espère bien, avec cette chaleur, j’en ai déjà marre.

—Marre d’être avec moi ?

—Ben, non, imbécile, avance ! dit Léa en reprenant sa main.

       C’est presque en arrivant sous le talus de la route qu’ils comprirent que derrière le mur épineux de la forêt se trouvaient des rochers. C’estGaëtan qui s’engagea le premier enécartant les branches,eten cassant même quelques-unes pour ouvrir un passage à Léa. Il aurait fallu une machette. Malgré toutes les précautions qu’ils prenaient, il fallait qu’ils s’avancent lentement, courbés, leurs bras protégeant leur visage des éraflures des branches et des feuilles piquantes de cette espèce têtue de chêne méditerranéen. Maintenant ils progressaient sur des éboulis de rochers gris aux éclats beiges et parfois ocres. Le début d’une sorte d’ancienne falaise apparut avec ses strates horizontales. Le long, les arbres étaient plus rares. Leur progression n’était pas rendue plus facile pour autant. Il fallait cette fois être très attentif aux cailloux branlants sur lesquels ils mettaient les pieds. Surtout Léa que ses tongs ralentissaient.

           Après de longues minutes, ils arrivèrent à une sorte de replat. La falaise avait alors la hauteur d’un homme.AÀson pied quelques rochers lisses leur apparurent comme un lit accueillant. Leurs vêtements se retrouvèrent vite en tas sur la dalle rocheuse. Qui pourrait les voir ici ? Personne, c’était sûr ! Même pas un berger. 

       Pendant tout le temps où ils furent seuls au monde, le soleil avait continué sa course et les chênes, bien que rabougris, projetaient maintenant une légère pénombre bien agréable.

—On va voir un peu plus loin, tu as vu, la falaise tourne sur la droite, proposa Gaëtan.

—Tu crois ? répondit Léa peu enthousiaste.

—Mais si, viens, c’est pas loin, on doit avoir un sacré point de vue sur Orgnac, peut-être même jusqu’à la Bastide de Virac, allez, viens !

       C’est la main dans la main qu’ils continuèrent de longer le rocher gris de cette falaise à moitié ensevelie. Sa hauteur restait en général celle d’un homme. La pierre était chaude, parfois même brûlante. Non, le panorama n’était pas au rendez-vous, car le bois de Laval était trop touffu pour laisser apercevoir quoi que ce soit de la vallée, de l’Ardèche du Sud, des Causses très proches. Leur progression était rendue facile par des haltes où, adossés au rocher de la falaise, ils s’embrassaient. Le soleil était encore haut, mais les ombres commençaient à dessiner le relief en le soulignant de gris. Puis les strates formèrent comme une voûte. Gaëtan alla voir de près. Il y avait comme un trou, un vide. L’entrée d’une grotte ? Du regard il essaya de sonder la profondeur.

—Léa ! Viens voir !

—Tu sais bien que Rémi a dit qu’il n’y avait rien d’intéressant sur ce versant, qu’il l’avait exploré il y a longtemps déjà.

—Oui, … mais peut-être que… même si c’est pas une vraie grotte profonde, ça pourrait devenir notre grotte, rien qu’à nous ! cria Gaëtan en insistant sur le « notre ».

—Si tu veux… j’arrive ! finit-elle par dire en riant.

Gaëtan commença à enlever quelques roches qui bouchaient l’entrée, de façon à déblayer un passage suffisant malgré les ronces qui pénétraient dans la caverne par les interstices. 

—Allez viens, dit-il en enjambant les rochers et s’engouffrant sous la voûte.

—Eh, attends-moi… ces pierres ne sont pas stables !

—Attention, baisse-toi, fais attention à ta tête !

—Ouais, on n’a pas les casques aujourd’hui. On aurait dû les prendre.

       Ils se retrouvèrent sous une voûte de calcaire. Petit à petit leurs yeux s’adaptèrent à la pénombre des lieux. Le soleil entrait bien peu sous ce plafond bas, mais permettait de comprendre qu’il ne s’agissait pas d’une nouvelle grotte à explorer, mais seulement d’un trou formé par l’érosion d’une couche de calcaire plus tendre dans l’ancienne falaise. Gaëtan prit Léa dans ses bras tout en l’embrassant. Le sol de terre et de sable formait un lit tout aussi accueillant que la pierre lisse sur laquelle ils avaient déjà fait l’amour. Ils s’y allongèrent côte à côte, main dans la main. D’abord silencieux, ils parlèrent très doucement de leur avenir, de la rentrée universitaire qui s’approchait. La voûte rocheuse se fit l’écho de leurs paroles et de leurs baisers. Un moment de calme, de paix, de tendresse, seuls au monde à nouveau, dans leur grotte rien qu’à eux.

       Ils regardaient les murs et la voûte grise au-dessus d’eux. Des traces noirâtres, laissées probablement par des chauves-souris, et les ombres mouvantes du soleil y dessinaient ce que leur imagination voulait bien inventer. Les chants stridents des cigales et criquets leur venaient du dehors de façon diffuse. Ils se sentaient bien. Certes Léa allait bientôt retourner chez elle, à Nîmes, et lui à Montpellier. C’était dur d’y penser pour tous les deux après ces trois mois où elle était restée au Camping des Gorges à Saint-Martin, comme chaque été depuis trois ans. Gaëtan fut le premier à briser le silence de la grotte.

—Ça sera mieux pour nous cette année, non ?

—J’espère, tu sais, lui répondit Léa.

—Ben oui. Montpellier, ce n’est pas si loin de Nîmes. Surtout si j’arrive à convaincre mes parents de me laisser la voiture !

—Leur voiture ? Là t’es gonflé, tu crois encore au père Noël !

—Ou alors, de m’en acheter une !

—C’est bien ça ! T’es complètementfou !

—Fous-toi de moi ! On pourrait se voir plus souvent. Et si on prenait une coloc ? Ensemble tous les deux. ÀNîmes ou à Montpellier. Les trajets ne sont pas si longs.

       Gaëtan rit et se releva pour l’embrasser. En s’appuyant sur le sol pour faire le mouvement, il posa sa main sur une plante épineuse.

—Aïe ! Ça pique !

       L’ouverture de cette fausse grotte était en effet suffisante pour que le soleil permette à certaines plantes d’y pousser, en particulier des ronces sur lesquelles Gaëtan venait de poser la main. 

—Fais voir, montre-moi, dit Léa. 

       Mais Gaëtan était déjà occupé à tenter de soulever la ronce qui l’avait mordu. Sous ses branches épineuses, une masse noire apparaissait qui l’intriguait. 

—C’est quoi ça ? dit-il. 

—Fais attention de ne pas te piquer une nouvelle fois !

       Gaëtan pouvait voir maintenant. Et Léa, la tête posée sur son épaule, voyait aussi. Ça ressemblait à une main. C’était une main. Ils pouvaient nettement distinguer les doigts recroquevillés sur eux-mêmes. Mais elle était décharnée, comme recouverte d’une peau noire. En maints endroits l’os apparaissait, grisâtre, et les phalanges se distinguaient.

       Léa voulut crier, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle restait pétrifiée, comme tétanisée, les yeux démesurément ouverts. C’est Gaëtan qui le premier sortit de sa torpeur. Il sursauta violemment en repoussant Léa. Un long cri monotone sortit de sa bouche. Il se dressa violemment et sa tête heurta la voûte. Son cri cessa juste quelques secondes. Il se redressa de nouveau, heurta une nouvelle fois violemment la voûte, et se remit à crier. Léa l’attrapa par les bras.

—Arrête Gaëtan, arrête ! Tu t’es fait mal, tu saignes, laisse-moi voir.

       Elle réussit à le calmer un peu en le prenant dans ses bras.

— Respire doucement, c’est rien.

—C’est rien ? Ça ? Je ne peux pas aller en voir plus. C’est horrible, non ?

       Et c’est Léa qui se rapprocha du tas de ronces. En effet c’était horrible. C’était toute une masse noirâtre, là sous les ronces. Et c’est la tête avec les trous vides des yeux, les dents apparentes, les lambeaux de peau noire qui s’imposèrent à son attention épouvantée.

—Viens, sortons d’ici, dit-elle retrouvant un peu de sang-froid.

—Alors ?

—C’est bien un homme… ou une femme.

—Mais alors …

—Oui, oui, y’a plus que quelques morceaux de peau. On dirait qu’il a été brûlé. 

—Brûlé ! C’est atroce !

—Et ça ne date pas d’aujourd’hui !

—Mais c’est affreux !

—Allez, on rentre. Faut aller à la gendarmerie.

       Comment firent-ils pour rejoindre leur voiture ? Ils ne s’en souvinrent même pas. Seules quelques branches acérées de certains chênes kermès ont conservé des lambeaux de la jupe de Léa en témoin de leur passage. Gaëtan avait les jambes éraflées et griffées en plusieurs endroits. Les pieds de Léa étaient en sang. Il fallut plusieurs essais infructueux à Gaëtan pour faire démarrer la voiture. Ses mains tremblaient encore sur le volant quand il commença la descente vertigineuse. Encouragé par Léa, il réussit néanmoins à rejoindre la maison de Saint-Martin, alors qu’à l’horizon les rayons du soleil commençaient juste à se teindre de rose et de vermeil. 

       Les parents de Gaëtan les accueillirent avec une joie qui fut de courte durée. Dès l’annonce de leur découverte macabre, ils tentèrent de les réconforter. La gendarmerie de Saint-Martin était déjà fermée, comme chaque année à la fin de la saison estivale. Il fallait aller à celle de Bourg Saint-Andéol. Ce n’était pas loin, un quart d’heure, vingt minutes tout au plus. Mais il fallait d’abord soigner les deux jeunes gens, surtout les blessures que Gaëtan s’était faites au cuir chevelu. Elles étaient somme toute bénignes, mais avaient beaucoup saigné. Gaëtan fut pris de tremblements plusieurs fois. Et Léa qui broyait sa main dans la sienne, tremblait aussi. Georges, le père de Gaëtan, lui aussi était très choqué par ce qui venait d’être découvert. Il tenta de téléphoner à la Gendarmerie, mais en vain. Personne ne répondit. Il décida de ne pas risquer le voyage à Bourg Saint-Andéol. Il préféra appeler le commissariat de Montélimar dans lequel il se souvenait avoir connu, il y avait quelques années, un inspecteur de police judiciaire dont il se rappelait juste le prénom, Hervé. C’est au bout d’un grand nombre de minutes qu’on le mit en communication avec Hervé Poitevin qui, monté en grade depuis le temps, était devenu commandant et dirigeait le commissariat. Ce dernier n’arrivait pas à saisir complètementles propos du père de Gaëtan, tant le débit de paroles de ce dernier était haché. Le commissariat allait fermer, aussi leur demanda-t-il de venir tôt le lendemain matin. 

       Dans l’appartement situé au-dessus de la quincaillerie, la nuit fut longue et agitée. En fait, personne ne ferma vraiment l’œil.

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